Mauvaise posture ou absence de mobilité ? Ce qui entretient réellement les douleurs chroniques
- Etiopathe paris Manon Larsonneur
- il y a 10 heures
- 2 min de lecture

Lorsqu’une douleur cervicale, dorsale ou lombaire s’installe, une explication revient presque systématiquement : « J’ai une mauvaise posture. »
Il est évident que rester penché en avant devant un écran, la nuque fléchie pendant des heures, n’apporte rien de favorable au corps.
Mais dans la majorité des situations, le problème n’est pas uniquement la position, c’est le temps passé dans cette position, sans variation.
La posture n’est pas anodine… mais elle n’explique pas tout
Certaines positions augmentent les contraintes mécaniques :
flexion prolongée de la nuque devant un écran
position assise maintenue sans bouger
travail prolongé les bras en avant
Ces contraintes existent. Pourtant, on observe fréquemment que deux personnes ayant un poste de travail similaire et des postures proches n’ont pas la même évolution : l’une développe des douleurs persistantes, l’autre non.
La posture seule ne permet donc pas d’expliquer l’apparition des symptômes.
Le facteur déterminant : la durée et l’immobilité
Ce qui joue un rôle majeur, c’est l’accumulation de temps passé immobile.

Exemple courant :
30 à 45 minutes assis dans les transports le matin
une journée de travail de 9h à 19h30 majoritairement assise
une pause déjeuner d’une heure à nouveau assis
le soir, du temps d’écran ou de repos, souvent dans la même position
Cela représente facilement 10 à 12 heures d’immobilité par jour, soit 50 à 60 heures sur une semaine de travail.
Ce n’est pas une position isolée qui entretient les douleurs, mais la répétition quotidienne et l’absence de mobilité.
Sédentarité : une contrainte mécanique banalisée
La sédentarité est souvent minimisée car elle fait partie du quotidien.
Beaucoup de patients pratiquent une activité sportive une à deux fois par semaine, mais quelques heures de sport ne compensent pas des dizaines d’heures passées assis.
Avec le temps, cela peut entraîner une diminution progressive de certaines mobilités, des adaptations silencieuses, puis l’apparition de douleurs.
La douleur apparaît souvent là où le corps compense.
Introduire de la mobilité dans un quotidien sédentaire
Le premier axe consiste à réintroduire du mouvement dans les périodes sédentaires.
Au travail :
utiliser un ballon d’assise pour favoriser des micro-mouvements
se lever au moins une fois par heure
téléphoner debout ou en marchant
varier volontairement les positions sans chercher la posture parfaite
En dehors du travail :
Maintenir une activité physique régulière permet de solliciter des amplitudes peu utilisées dans la journée et d’entretenir la capacité de mouvement.
L’objectif n’est pas la performance, mais la variété.
Tous les profils ne sont pas identiques
Certains patients présentent au contraire une sur-mobilité ou un sur-travail mécanique.
Ces situations relèvent d’une logique différente et feront l’objet d’un autre sujet.

La posture compte.
Mais ce qui entretient le plus souvent les douleurs chroniques, c’est la durée et l’immobilité. Pour limiter l’installation de phénomènes douloureux persistants, le premier axe consiste à introduire davantage de mobilité dans le quotidien.
Lorsque cela ne suffit plus et que les douleurs persistent ou reviennent, il devient pertinent de venir consulter.
Note importante : Cet article n’a pas vocation à remplacer un avis médical. Un diagnostic par un médecin est indispensable. L’étiopathe intervient ensuite en complément, par un traitement mécanique doux et adapté.


